Réseau des Musées de Chiang Mai

1. Contexte

Avec 1,6 million d’habitant·e·s, Chiang Mai est la deuxième plus grande ville de Thaïlande et le centre de la province septentrionale. C’est un pôle agricole et un important centre éducatif, mais la ville est également considérée comme noyau des arts, de la culture et de la cuisine Thaï, réputée pour être innovante dans l’artisanat et les arts du spectacle, avec une grande variété de festivals. En outre, c’est un lieu important de pèlerinage religieux, d’apprentissage et de tourisme.

2. Chiang Mai et la culture

La culture est centrale au sentiment de bien-être dans la ville, tout en constituant une force motrice du tourisme. La politique culturelle locale de la municipalité et son travail de développement se situent dans le réseau des musées de Chiang Mai, qui s’appuie sur le patrimoine indigène Lanna de la ville. Pendant de nombreuses années, l’histoire culturelle Lanna a été sous-représentée dans l’histoire nationale du pays. Le réseau vise donc à retrouver le patrimoine spécifique de la région, en s’appuyant sur la contribution culturelle unique de Lanna (langue, artisanat, arts, connaissances, traditions et sagesse) et l’histoire de sa vieille ville, bâties sur les principes du développement durable et de l’environnement.

À la tête de la gestion du projet, la municipalité a créé en parallèle un comité d’expert·e·s, d’universitaires et autres représentant·e·s de la société civile. Le projet cherche à recouvrer les droits culturels du peuple Lanna, offrir un espace culturel municipal pour la participation civile collaborative, accroître le tourisme culturel de la ville, bâtir des industries culturelles et créatives uniques et répondre aux défis de la dégradation environnementale.

Le projet cherche à recouvrir les droits les droits culturels du peuple Lanna, offrir un espace pour la participation civile collaborative, accroître le tourisme culturel de la ville, bâtir des industries culturelles et créatives uniques et répondre aux défis de la dégradation environnementale.

Ce projet est directement lié à l’Agenda 21 de la culture et à l’Agenda 2030. Il est aligné sur les ODD suivants :

  • ODD 4 : ateliers et connaissances à travers des expositions (cible 4.7)
  • ODD 11 : sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel (cible 11.4) et espaces publics verts accessibles (cible 11.7)
  • ODD 16 : prise de décision participative pour le développement culturel de la ville.
  • ODD 17 : renforcer les capacités et les aptitudes de nos parties prenantes afin d’aborder un grand éventail de défis en matière de durabilité, à travers l’éducation, les installations et les réseaux.
  • À travers nos partenariats et en lien avec nos propres engagements, nous soutenons les ODD 2, 6, 15 et indirectement les ODD 3 et 8.

3. Objectifs et mise en oeuvre du projet

3.1. Objectifs principaux et spécifiques

Le projet vise à être un catalyseur du développement durable urbain de la ville, en offrant des possibilités de conservation, expression, diffusion de l’information, dialogue, éducation et collaboration, en lien avec la promotion du patrimoine local et la mission de développement culturel. Il fournit également un espace collaboratif pour forger des relations entre les parties prenantes locales clés et promouvoir les projets et activités collectives pour transformer Chiang Mai en ville agréable à vivre et durable.

Objectifs spécifiques

Le réseau sert de plateforme pour apprendre et échanger sur les dimensions culturelles matérielles et immatérielles de la ville et d’occasion de participer sur les questions de conservation et de développement urbain liées à la concrétisation d’une ville durable. C’est également un centre d’interprétation promouvant la compréhension de la façon dont les valeurs locales façonnent notre identité, notre histoire et nos caractéristiques culturelles uniques. En outre, le réseau mène des campagnes pour faire reconnaître et préserver la vieille ville.

3.2. Développement du projet

Population bénéficiaire

Les bénéficiaires sont la population locale, car les habitant·e·s peuvent participer aux activités telles que les initiatives autour de la conservation urbaine et l’économie du tourisme, qui ont amélioré leur qualité de vie ; mais aussi les organisations, qui bénéficient de l’espace public soutenu par la municipalité pour organiser leurs activités ou spectacles ; et enfin les touristes, qui disposent d’espaces de qualité à visiter, pour en apprendre plus sur la ville.

Le réseau a reçu la visite d’environ 1,4 million de personnes de 2002 à 2019. En 2020, les visiteur·se·s étaient au nombre de 58 427.

Principales actions mises en place

Le réseau a accueilli des expositions communiquant les valeurs de la ville ; il a fourni des espaces, des possibilités d’apprentissage et de réseautage pour les artistes et les organisations présentes dans la ville ; il a promu des projets visant à développer la ville, tels que des initiatives se focalisant sur la protection de l’environnement, le développement de l’espace public, les arts traditionnels, l’artisanat et leurs liens aux pratiques créatives contemporaines ; et a organisé au moins 10 grandes activités chaque année pour promouvoir la communauté locale, les arts et l’artisanat indigènes.

Aux côtés de plusieurs organisations, le réseau s’est mobilisé pour que Chiang Mai soit reconnue comme Ville créative de l’UNESCO. Désignée comme Ville de l’artisanat et des arts populaires, Chiang Mai oeuvre actuellement à obtenir le statut de site du Patrimoine mondial, en développant notamment des réglementations de contrôle dans la construction.

Entités partenaires

Le réseau travaille avec d’autres agences gouvernementales et organisations de la société civile : groupes de citoyen·ne·s, groupes de militant·e·s, secteur privé, communautés rurales et urbaines, organisations non gouvernementales, milieu universitaire, agences nationales et internationales.

Obstacles

Le travail du réseau visant à rassembler l’art, l’histoire, le développement urbain et le développement durable est nouveau, il a donc fallu du temps pour qu’il soit accepté. Les systèmes bureaucratiques sont laborieux et lents et le réseau a dû expérimenter avec différentes formes de gouvernance pour surmonter les limitations de sa conception institutionnelle et mieux travailler avec la société civile. Toutefois, ceci a aidé à être au fait et faire preuve de réactivité aux changements de la société. Le manque de ressources du réseau n’a pas limité son travail mais a plutôt renforcé son travail de développement des partenariats.

La municipalité de Chiang Mai est la première unité de gouvernement local à créer un musée sous sa propre responsabilité.

4. Impacts

4.1. Impacts directs

La municipalité de Chiang Mai a été la première unité de gouvernement local à créer un musée sous sa propre responsabilité. Au vu de sa réussite, deux autres musées et une bibliothèque municipale ont été établis. En outre, d’autres unités gouvernementales provinciales et municipalités se sont intéressées à ce modèle pour les musées de leurs villes respectives.

Le réseau est devenu un important espace public pour la participation, l’apprentissage, la créativité et l’expression, et a forgé une compréhension de la valeur culturelle des groupes indigènes de la région, autrefois négligés. De plus, le réseau est devenu un noyau fructueux d’énergies pour l’amélioration durable de la ville, à travers les partenariats.

L’intégration de Chiang Mai au réseau des Villes créatives de l’UNESCO et son travail actuel vers l’obtention du statut de Site du patrimoine mondial de l’UNESCO ont rehaussé le profil international de la ville, générant une fierté renouvelée chez ses habitant·e·s.

L'intégration de Chiang Mai au Réseau des Villes Créatives de l'UNESCO et son travail vers l'obtention du statut de Site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO ont rehaussé le profil international de la ville, générant une fierté renouvelée chez ses habitant.e.s.

4.2. Évaluation

Nous recueillons des statistiques annuelles sur les visiteur·se·s des musées de Chiang Mai, en distinguant entre Thaïlandais·es et étranger·ère·s, mais aussi entre enfants et adultes. Les publics ont également exprimé leur opinion en laissant des commentaires dans chaque lieu. Les résultats ont été recueillis de façon mensuelle et des ajustements continus aux services ont été apportés sans attendre les évaluations de fin d’année.

Le conseil du réseau est composé d’expert·e·s et d’un groupe d’universitaires. Un comité d’évaluation évalue annuellement le travail des musées et formule ses recommandations.

Des projets spécifiques font l’objet d’un processus d’évaluation qualitative. Nous disposons également d’un questionnaire pour chaque activité, suivi d’une enquête auprès des personnes de la communauté afin de mesurer leur engagement, leur intérêt et leur participation aux expositions et aux projets. De plus, nous collectons les retours et les commentaires sur les réseaux sociaux.

4.3. Facteurs clefs

L’efficacité du réseau est due à la nature facilitatrice et relationnelle du projet, qui met à disposition ses capacités organisationnelles et ressources afin de créer un espace de connexion et d’interaction.
Le projet est un espace culturel atypique qui développe le « capital culturel » pour améliorer la ville. Les habitant·e·s et les visiteur·se·s bénéficient d’un espace pour leur expression et rechercher, apprendre de façon collaborative et interpréter les connaissances sur la ville.

Les expositions et les activités ont été mises en place pour améliorer la compréhension et l’acceptation de la culture, la créativité et les traditions des peuples indigènes et les utiliser pour améliorer les conditions environnementales de la ville.

4.4. Continuité

Le Réseau des musées de Chiang Mai est un organisme du gouvernement rattaché au Groupe de promotion du développement urbain, de recherche politique et de planification de la municipalité de Chiang Mai. La municipalité appuie son travail avec un budget pour les personnels, les charges, les équipements et les matériaux, et un budget partiel pour le soutien de ses activités. Ceci donne à l’organisation de la stabilité et de la continuité dans la mise en oeuvre d’activités tout en assurant son efficacité et adaptabilité. Pour que le réseau soit durable du point de vue institutionnel, il comble ses déficits avec la vente d’entrées aux musées et à travers les partenariats. Une part des recettes générées est également mise de côté pour ajuster les principales expositions, les rénovations majeures et les urgences. Par conséquent, la durabilité du réseau est fortement connectée à sa capacité à être réactif à sa population locale, à susciter l’intérêt de ses visiteur·se·s et pouvoir nouer un ensemble solide de partenariats avec la société civile, le milieu universitaire, les acteurs et actrices culturelles, le secteur privé et les autres agences gouvernementales nationales basées à Chiang Mai.

5. Plus d’informations

Chiang Mai a été candidate à la quatrième édition du Prix international CGLU-Ville de Mexico-Culture21 (novembre 2019 - mai 2020). En juin 2020, le jury a publié son rapport final et demandé à la Commission Culture de CGLU de promouvoir ce projet comme exemple de bonne pratique de la mise en oeuvre de l’Agenda 21 de la Culture.

Cette fiche a été rédigée par Suwaree Wongkongkaew, cheffe de la sous-division Promotion du développement urbain, municipalité de Chiang Mai, Chiang Mai, Thaïlande.

Contact : cmocity (at) hotmail.com
Site Web : www.cmcity.go.th

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